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Test d’infiltrométrie RE2020 : ce que la pose des menuiseries pèse dans le Q4Pa-surf

Les seuils de 0,60 et 1,00 m³/h·m² de l’arrêté du 4 août 2021, les deux coefficients qui les durcissent avant toute lecture, et ce que le NF DTU 36.5 reconnaît comme calfeutrement de baie.

La porte soufflante arrive une fois les doublages fermés, souvent quelques jours avant la déclaration d’achèvement. Le chiffre sort, il dépasse, et la recherche de fuites commence par le pourtour des baies. C’est le moment où le poseur découvre que sa fenêtre classée A*4 ne le protège de rien, et que le nombre auquel on compare le résultat n’est pas celui qu’il croyait.

Le seuil de 0,60 n’est pas un seuil de mesure

L’article 19 de l’arrêté du 4 août 2021 fixe la perméabilité à l’air sous 4 pascals, rapportée aux parois déperditives hors plancher bas : 0,60 m³/(h·m²) en maison individuelle ou accolée, 1,00 en bâtiment collectif d’habitation. Ce sont les valeurs Q4Pa-surf de la RE2020, et elles ne bougent pas.

Ce qui bouge, c’est le chiffre qu’on leur compare. L’article 17 du même arrêté prévoit deux corrections. Quand la valeur est obtenue par échantillonnage, elle est multipliée par 1,2. Quand des travaux susceptibles d’affecter la perméabilité à l’air restent à réaliser après livraison, sans réserve évitant toute création de fuite pendant ces travaux, elle est majorée de 0,3 m³/(h·m²). Les deux majorations se cumulent, dans cet ordre.

Un immeuble collectif dont les logements sont contrôlés par échantillonnage n’a donc pas 1,00 devant lui : la mesure brute doit rester à 0,83 m³/(h·m²) ou en dessous pour que la valeur retenue tienne. Personne n’annonce ce calcul au poseur avant l’essai, et il change entièrement la marge dont dispose un calfeutrement.

La classe A*4 s’arrête au dormant

La confusion tient à deux mesures qui portent le même mot et ne mesurent pas la même chose.

Le classement A*1 à A*4 de la NF EN 12207 vient d’un essai NF EN 1026 mené en laboratoire, sur la menuiserie seule, montée et scellée sur un banc, jusqu’à une pression de référence de 100 pascals. Il qualifie l’ouvrant sur son dormant : les joints de frappe, les recouvrements, la quincaillerie. La liaison entre le dormant et le gros œuvre est hors essai, puisque c’est le banc qui la remplace.

Le Q4Pa-surf, lui, sort d’un essai de porte soufflante sur le bâtiment terminé, conduit jusqu’à 50 pascals puis extrapolé à 4, et rapporté à la surface des parois déperditives du logement. Un classement par mètre carré de menuiserie et un indicateur par mètre carré d’enveloppe ne se soustraient pas l’un de l’autre.

« La menuiserie est A\*4, l’étanchéité à l’air est faite. » Le classement porte sur le produit fermé et scellé au banc d’essai. Ce que le mesureur cherche à la lampe à fumée, c’est le joint entre le dormant et la maçonnerie, le raccord d’angle du cordon précomprimé, le coffre de volet roulant : rien de ce que la classe couvre.

Trois calfeutrements, et un seul défaut qui compte

Le NF DTU 36.5, homologué le 10 mars 2010 et applicable depuis le 10 avril 2010, traite le calfeutrement au point 5.9 de son cahier des clauses techniques types. L’AQC, dans son rapport de retour d’expérience sur les menuiseries extérieures, en rappelle la lecture : trois calfeutrements « à sec » sont admis, le mastic extrudé sur fond de joint, la mousse imprégnée précomprimée, la membrane d’étanchéité. Seule la mousse imprégnée de classe 1 s’emploie sans complément.

La mousse polyuréthane expansive n’y figure pas, et le NF DTU 36.5 ne la reconnaît pas comme dispositif de calfeutrement.

Le reste du point tient en un mot : continuité. Le calfeutrement doit être jointif sur tout le périmètre de la baie. Les défauts que l’AQC relève de façon récurrente sont des ruptures, pas des absences : discontinuité du cordon dans les angles, raccord en appui bas, épaisseur de joint hors de la plage d’utilisation du produit, temps de décompression non respecté. Une bande précomprimée trop comprimée fuit comme une bande pas assez comprimée.

Le support arrive rarement dans les tolérances

Le dispositif REX Bâtiments performants de l’AQC avait capitalisé près de 11 000 constats à la publication de son rapport menuiseries en 2019, dont 42 % relevés en phase de chantier, sur un échantillon de bâtiments neufs pour un peu plus de la moitié. Le premier enseignement sur l’étanchéité n’y porte pas sur le geste du poseur : il porte sur ce qu’il reçoit.

Dimensions, rugosité, planéité, équerrage : quand la baie sort des tolérances, la mousse imprégnée ne trouve pas d’appui régulier et le joint devient discontinu sur la longueur. Le NF DTU 36.5 fixe ces tolérances de support à son point 7.6 et en annexe B ; le NF DTU 20.1 prévoit à son point 9.1.3 le dressage du gros œuvre quand la maçonnerie est hors tolérances. La reprise appartient au lot qui a coulé ou monté la baie, et elle se traite avant que la menuiserie arrive sur le chantier.

Même logique en traverse basse. L’absence de rejingot, une baie en pente sous une menuiserie conçue pour une pose verticale, une réservation prévue pour une pose en tunnel alors que la fenêtre est faite pour une pose en applique : dans les trois cas, le calfeutrement bas ne peut pas être réalisé correctement. Le rapport rappelle les valeurs de référence du rejingot, 40 mm de largeur et 25 mm de hauteur au minimum, avec une pente de 10 %.

Le test échoue, la Dommages-Ouvrage n’en saura rien

Dans le dispositif Sycodés de l’AQC, qui compte les désordres à partir des expertises Dommages-Ouvrage, le défaut d’étanchéité à l’air pèse 1 % des manifestations sur la période 2022-2024, comme sur la décennie précédente. La fenêtre et la porte-fenêtre traditionnelles extérieures, elles, occupent le cinquième rang du Flop 10 des maisons individuelles avec 6,2 % de l’effectif des désordres, et le deuxième rang en logement collectif avec 8,5 %. Ce que la base enregistre sur ce poste, c’est de l’eau.

L’explication est mécanique : un essai raté se joue avant la réception. Il n’ouvre aucune garantie décennale, il bloque une attestation. Le rapport de mesure fait partie des justificatifs de l’attestation d’achèvement prévue par l’arrêté du 9 décembre 2021, jointe à la déclaration attestant l’achèvement et la conformité des travaux. Sans elle, le dossier reste ouvert, et la répartition du coût de reprise se règle entre les entreprises présentes.

Le mesureur, lui, n’a rien à voir avec elles. L’arrêté du 4 août 2021 exige qu’il soit reconnu compétent par le ministre chargé de la construction et indépendant du demandeur comme des organismes intervenant sur l’opération. La reconnaissance passe par une formation reconnue puis par la qualification Qualibat 8711, délivrée à l’entreprise et conditionnant l’autorisation ministérielle du mesureur ; la liste des opérateurs autorisés est republiée après chaque commission, la dernière datant du 26 juin 2026. La mesure suit la NF EN ISO 9972 et son guide d’application FD P50-784, obligatoires depuis le 1er septembre 2016. À ne pas confondre avec la vérification des systèmes de ventilation, que l’article 20 du même arrêté impose séparément et qui porte sur les débits.

Ce que la majoration de 0,3 exige d’un joint

La majoration pour travaux restant à réaliser après livraison décrit une situation banale en fin de chantier : un bloc-baie dont le coffre de volet roulant reste à équiper, une finition intérieure reportée, une reprise de doublage programmée après l’emménagement. La réserve qui évite toute création de fuite pendant ces travaux est ce qui écarte les 0,3 m³/(h·m²).

Quand elle n’existe pas, l’arithmétique devient rude. Sur une maison individuelle contrôlée par échantillonnage et concernée par la majoration, la valeur retenue s’écrit mesure × 1,2 + 0,3, et le seuil de 0,60 exige alors une mesure brute à 0,25 m³/(h·m²). L’enveloppe n’a pas changé, le calfeutrement non plus : c’est la manière dont le chantier s’est terminé qui a ramené l’exigence de 0,60 à 0,25.

  • Arrêté du 4 août 2021, articles 17 et 19 (Légifrance)
  • Arrêté du 9 décembre 2021 relatif aux attestations de respect des exigences de performance énergétique et environnementale (Légifrance)
  • AQC, dispositif REX Bâtiments performants, Les menuiseries extérieures, 2019
  • AQC, dispositif Sycodés, édition 2025 (période 2022-2024)
  • Portail RT-RE bâtiment, Reconnaissance des mesureurs de perméabilité à l’air et L’étanchéité à l’air des bâtiments
  • NF DTU 36.5 P1-1 (avril 2010), NF EN 12207, NF EN 1026, NF EN ISO 9972, FD P50-784

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